31.10.2008

Je ne suis pas morte

Non, ce sont juste mes rêves et ma grand mère qui reposent sous terre.

Je n'ai rien à dire, je suis toujours en arrêt maladie, je ne vais pas bien, raconter ma dernière entrevue avec lui, mes journées, mes nuits n'aurait aucun intérêt......

Je suis un truc mort dans une enveloppe charnelle devenue repoussante.

Je fais des choses qui me font mal, comme si j'en avais besoin, comme regarder les derniers textes destinés à ma grand mère, comme regarder sa photo avec sa putasse.....

Je m'enfonce chaque jour un peu plus dans mon petit monde et je ne veux plus en sortir, je ne veux plus affronter la vie qui fait mal, je deviens une autiste qui se complait dans les 14m2 de sa chambre et qui ne sait même pas quel temps il fait dehors. Je ne veux plus du dehors, il me brise, me fait mal ou me renvoie tout ce que je ne suis pas...... alors je souhaite que le plus de temps possible je puisse rester dans ce noir et dans ce silence qui me rassure et lui, au moins, ne me broie pas........

10.10.2008

Voilà c'est fini

Ma grand mère passe ce soir sa deuxième nuit dans une petite boite de bois sous un caveau de marbre recouvert de fleurs.

Je suis arrivée mercredi après midi et sans même prendre le temps d'enlever mon manteau, je me suis rendue dans sa chambre transformée en salle mortuaire, elle était là, allongée sur ce lit, une lumière tamisée, quelques statues, des tentures...

Elle était là, les mains croisées sur le ventre, avec son plus joli chemisier et son collier préféré, le reste de son corps recouvert d'un drap qui laissait apparaitre à quel point elle était grande pour nous qui l'avions toujours connue voutée par les travaux des champs.

Elle était là et je l'ai regardée longuement persuadée qu'elle allait ouvrir les yeux et me dire "ah ma chérie tu es là", j'ai touché ses mains froides comme la glace et j'ai pleuré doucement.

Toute la famille, cette union de cousins, cousines, oncles et tantes étaient là, nous sommes rarement tous réunis, sauf pour les fêtes, alors on a essayé de rire en préparant les livrets de messe tous ensemble.

Nous lui avons dit aurevoir une dernière fois quand les pompes funèbres l'ont placée dans le cerceuil, je n'ai pas pu l'embrasser, juste toucher ses mains encore.

Je n'ai pas eu la force de lire à l'église, juste d'aller allumer une bougie qui a éclairé sa photo pendant l'office religieux.

Et puis, ses quatre petites filles l'ont emenée à la fin de la messe vers ce trou béant, nous avons, toutes les quatre, traversé l'église en tenant entre nos mains ce cercueil qui contenait notre grand mère que nous aimions tant.

 

Je n'ai pas résisté à toute cette pression, j'ai fui l'ambiance familiale ce soir pour retrouver mon cocon, dans ma dépression, dans mes larmes, seule et dans le silence, je ne vais pas très bien je crois......

06.10.2008

Des souvenirs en masse

Elle m'a quasiment élevée, a encaissé les disputes avec mes frères, me préparait des tartines beurre/fraises quand je rentrais de l'école (un délice).

Elle a encouragé mon père dans ses projets que ses propres parents ne soutenaient pas (bande de cons...).

Elle a été l'épaule de la famille, celle à qui on raconte à demi mots ses souffrances, qui les comprend et tente de trouver une solution.

Elle a été celle qui pendant la guerre a hébergé les gens qui fuyaient les bombardements, offrant même deux pièces de sa maison à des réfugiés.

Elle a été une des premières à avoir une voiture dans le village et qui conduisait les gens à l'hôpital.

Elle a été une des premières femmes à s'engager dans la politique dans la région.

Elle a vécu ce putain de cancer en répétant à chaque fois qu'on lui demandait "ça va" alors qu'elle se tordait de douleur.

Jusqu'à ses 85 ans, elle s'est occupée de mon grand père qui perdait la tête et tombait à chaque pas en nous disant qu'elle n'avait pas besoin d'aide.

Elle nous faisait découvrir les coins cachés du village où elle avait toujours vécu.

Elle s'émerveillait devant chaque chose qu'on pouvait lui faire découvrir.

Jusqu'à son dernier jour, elle a estimé qu'il fallait entretenir son cerveau et faisait des mots fléchés.

Une de ses dernières lettres a été pour moi, elle très croyante, a envoyé un courrier à je ne sais quelle église pour lui demander de prier pour moi.

Jeudi, elle sera sous terre à tout jamais, il parait qu'elle est belle maintenant qu'elle ne souffre plus.

 

Tu vas me manquer Mamie

Adieu Mamie

Tu t'es endormie tranquillement cette nuit, tes souffrances sont finies.

En fermant les yeux la dernière fois que je t'ai embrassée hier soir tu m'as dit que tu allais me transmettre ta force, j'aimerais tellement te ressembler, avoir ce courage, cette générosité, cette douceur....

Tu as été le chef de cette famille de femmes aux forts caractères et toutes aujourd'hui te pleurent et te regrettent déja.

 

Adieu Mamie

 

AnniversaireDamien230705 (20).JPG

01.10.2008

C'était il y a deux mois

jour pour jour qu'il rencontrait sa putasse.

Ca fait deux mois qu'il est heureux, ça fait un mois et demi que je ne suis qu'une loque....

Il y a deux mois jour pour jour, je terminais mes valises en me disant que 15 jours plus tard nous allions nous retrouver et que ça serait encore mieux tout en pensant à la nuit magique que nous venions de passer.

Il y a deux mois jour pour jour, je m'endormais le sourire aux lèvres, pensant à ces retrouvailles qui n'auront jamais eu lieu, désormais, je suis gavée de cachets pour pouvoir trouver le sommeil quelques heures.

Il y a deux mois jour pour jour, on annonçait à ma mère que ma grand mère n'avait plus que quelques mois à vivre, désormais, on compte en semaines voire en jours.

Il y a deux mois jour pour jour, j'étais heureuse, aujourd'hui, je suis redevenue la vraie Paris Ailleurs qui pleure pour rien et qui ne croit plus en l'avenir, aujourd'hui, je suis redevenue moi......

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